Bures-en-Bray - Jeannine

Alienor en parallèle

Bur, Bur-le-rei, Bures, Bures-les-monts, Bures-en-Bray .... Jeanine


Le nom de Bur ou Bures apparaît dans tous les documents relatifs aux Plantagenêt ; il semble que cette résidence (1) fut très fréquentée par tous les membres de la famille. C'est là, notamment, qu'en 1170, Alienor apprend l'assassinat de Thomas Becket ancien chancelier d'Henri II devenu archevêque de Canturbury sur instigation du roi (qui espérait, avec cet allié, contrecarrer les pouvoirs de l'église). Malheureusement pour le monarque, Thomas avait pris son rôle trop au sérieux et leurs rapports avaient fini par se détériorer gravement. La question du commanditaire de son assassinat reste posée


J'ai eu du mal à identifier le bon Bures ; il y en a plusieurs en Normandie. Un abbé de Bures-en-Bray a affirmé 2 qu’Aliénor et ses fils avaient souvent séjourné dans son village. Il est admis, aujourd'hui que le véritable Bur, ou Bures-le-roi suivant les textes, était probablement situé aux environs de Bayeux ; mais il a aujourd'hui complètement disparu de nos paysages et, à l'emplacement supposé, ne subsiste qu'un bocage normand. Comme je tenais à "une Alienor de Bures", je suis partie à Bures-en-Bray où, indument, Wikipedia situe l'histoire des Plantagenets et où se sont perpétuées des festivités en l'honneur de Richard Coeur de Lion. Chacun s'approprie l'histoire à sa façon.  Le cimetière est au centre du village, accolé à l'église ; je suis attirée par un alignement de croix blanches. Le village a été bombardé par les alliés le 20 juin 1944 et a tué des familles entières. L'autre histoire. C'est auprès d'une tombe que je rencontre Jeannine. Elle me voit errer dans ce cimetière et me demande si je cherche quelqu'un. Je lui parle de d'Alienor, elle me parle de Richard coeur de lion et accepte la photo.

Jeannine, aujourd'hui 85 ans ; a passé sa vie dans les églises des environs. Enfant, elle aidait sa mère à entretenir l'église de Vatierville ; elle se souvient surtout des enterrements : quand il fallait accrocher des lourdes tentures noires sur les murs et que suivant la classe et le prix de l'enterrement, il y avait plus ou moins de tentures à poser. Depuis 25-30 ans, elle entretient l'église de Bures. Elle dit que l'église c'est sa vie et qu'elle fait même la bise à tous les curés de la région. Elle regrette qu'il n'y ait plus beaucoup de messes ici ; elle les regarde à la télévision. Elle tient à me faire visiter l'église et me montrer ce qu'elle appelle son trésor. Il faut pour cela que je l'aide à soulever le lourd couvercle de ce qui ressemble à un cercueil. J'ai la très désagréable impression de profaner une sépulture... d'autant, qu'à ma grande surprise, je découvre à l’intérieur : un squelette...en bois. Je reste médusée, Janine a réussi son effet et s'en amuse. Cette sculpture serait la "représentation" (2) que l'on plaçait à l'entrée du choeur lors des services funèbres !


Détruite ou modifiée à maintes reprises au cour des âges, l'église de Bures a été consacrée en 1168. Si Alienor était réellement venue ici, elle aurait connu l’église de Jeanine.
Aujourd'hui, il ne reste plus grand chose des églises du XIIème siècle telle qu'Alienor les a connues. La dévotion que manifeste Jeannine est assez rare aujourd'hui. Si l'église avait un réel pouvoir politique au moyen-âge, qu'en était-il réellement de la dévotion de ses ouailles ? Etait-ce si différent d'aujourd'hui ? Les vrais croyants étaient-ils réellement plus nombreux ?



(1) Résidences : châteaux ou maisons où demeuraient les monarques lorsqu'ils se déplaçaient pour gérer  leurs territoires
(2) Histoire de Bures-en-Bray par l'Abbé J.E Decorde, 1872.- 190 p.


 

Top